Hésiter peut coûter une vie

Hésiter peut coûter une vie

Il était 16 h 42 quand le téléphone a sonné.

Un centre commercial bondé. Une dame d’environ 55 ans s’effondre près de l’aire de restauration. Son mari crie son nom. Les plateaux tombent. Le brouhaha se transforme en silence lourd.

Autour d’elle, des dizaines de personnes. Des adultes. Des jeunes. Des travailleurs. Des parents.

Tout le monde regarde.

Personne ne bouge.

Un homme s’avance d’un pas… puis s’arrête.
Une femme sort son téléphone… pour filmer.
Quelqu’un murmure : « Est-ce que quelqu’un sait quoi faire? »

Les secondes passent.

Dans un arrêt cardiaque, chaque minute sans intervention réduit drastiquement les chances de survie. Le cerveau commence à manquer d’oxygène. Le cœur ne pompe plus. La vie est suspendue à une décision.

Mais l’hésitation s’installe.

Et si je me trompe?
Et si je lui fais mal?
Et si quelqu’un d’autre est plus compétent?
Je ne veux pas avoir l’air fou…

Ce n’est pas de l’indifférence.
C’est le doute.
C’est la peur de mal faire.

Puis, finalement, une personne s’agenouille. Elle a déjà suivi une formation. Elle a répété les gestes. Elle connaît son ABC — ou plutôt son BCD : vérifier la Respiration, commencer les Compressions, utiliser un Défibrillateur si disponible.

Elle agit.

Elle ne panique pas.
Elle suit un ordre.
Elle applique une méthode.

Les gestes sont simples, mais ils sont décisifs.

L’ambulance arrive. La dame respire à nouveau.

Ce jour-là, quelqu’un a décidé de ne pas hésiter.

L’hésitation : un réflexe humain… mais dangereux

L’hésitation n’est pas seulement présente en situation d’urgence médicale.

Sur la route, elle est tout aussi visible.

Vous connaissez cette scène :

Un conducteur s’engage à une intersection… puis freine brusquement.
Il hésite à dépasser… puis change d’idée au dernier moment.
Il ralentit en plein carrefour, incertain de sa manœuvre.

Résultat?
Les autres doivent compenser.
Les risques augmentent.
La confusion s’installe.

En conduite comme en urgence, l’indécision crée du danger.

Ce n’est pas la prudence qui est en cause.
C’est l’absence de repères clairs.

Un bon conducteur ne roule pas vite — il roule préparé.
Il sait quoi faire avant même que la situation se présente.

Pourquoi on hésite?

On hésite quand :

  • On ne sait pas quoi faire

  • On n’a jamais pratiqué

  • On craint le jugement

  • On manque de cadre clair

Le cerveau, sous stress, cherche une référence.
S’il n’en trouve pas, il gèle.

Mais lorsqu’on a appris une séquence précise — une marche à suivre structurée — le cerveau s’y accroche.

Il n’invente pas.
Il applique.

C’est toute la différence.

La préparation crée le calme

Être formé, ce n’est pas seulement accumuler de l’information.

C’est créer un chemin mental.

Un ordre logique.

  1. J’observe.

  2. J’évalue.

  3. J’agis selon les étapes apprises.

  4. Je réévalue.

En premiers secours, le BCD devient un ancrage.
En conduite, les règles deviennent des automatismes.
En gestion, un plan clair évite les décisions impulsives.
En entreprise, des balises bien définies évitent la paralysie.

La structure réduit le chaos.

Et si ça allait plus loin que les urgences?

Ce qui est fascinant, c’est que cette logique dépasse largement le cadre médical.

Dans la vie quotidienne :

  • Une discussion difficile

  • Une décision d’affaires

  • Un conflit

  • Une mauvaise nouvelle à annoncer

Quand on a une méthode, on respire mieux.

On ne réagit pas.
On intervient.

La préparation développe quelque chose de puissant :
la zénitude en action.

Pas l’absence de stress.
Mais la capacité d’agir malgré lui.

Le vrai coût de l’hésitation

Hésiter peut coûter une vie.
Sur la route.
Dans un centre commercial.
Au travail.

Mais l’hésitation peut aussi coûter :

  • Une opportunité

  • Une crédibilité

  • Une relation

  • Une confiance

Et à l’inverse, la préparation sauve plus que des vies.

Elle sauve du temps.
Elle sauve des décisions.
Elle sauve de l’énergie mentale.

Conclusion : aimer la préparation

On n’aime pas les urgences.
On ne souhaite pas vivre un arrêt cardiaque devant nous.
On ne veut pas d’accident.

Mais plus on est préparé, plus on les aborde avec assurance.

Quand on sait quoi faire.
Quand on connaît les étapes.
Quand on a pratiqué.

On n’est plus paralysé.

On agit.

Et paradoxalement, cette préparation aux situations critiques nous rend plus calmes… même dans les petites tempêtes du quotidien.

Parce qu’on sait qu’il existe toujours :

Un ordre.
Un cadre.
Un premier geste à poser.

Et parfois, ce premier geste fait toute la différence.

Écrit par : Steeve Marcoux

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