Premiers soins au garage et à l'atelier : les urgences de la saison des pneus

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Entre la mi-octobre et la fin novembre, les ateliers mécaniques du Québec vivent leur pointe annuelle. Les pneus d'hiver doivent être installés, les rendez-vous s'empilent et le plancher se remplit de roues, de crics et de véhicules en attente. C'est exactement dans ce contexte que les blessures arrivent : pas parce que les mécaniciens travaillent mal, mais parce que le volume et la fatigue grugent la marge d'erreur. Les premiers soins au garage méritent donc une mise à jour avant la saison, pas après le premier accident. Voici les urgences les plus probables dans un atelier, les gestes des premières minutes, et ce que la CNESST attend de vous comme employeur.

Premiers soins au garage : coupure et écrasement dans les premières minutes

Tôle coupante, cerclage de pneu, roue de 25 kilos, véhicule sur chandelles : l'atelier concentre les mécanismes de blessure les plus communs.

Devant une coupure qui saigne abondamment : gants, pression directe et ferme avec une compresse propre, et on ne lève pas la main pour « voir si ça saigne encore ». Si le sang traverse la compresse, on en ajoute par-dessus sans retirer la première. Les critères d'escalade et l'usage du garrot sont détaillés dans notre article sur l'hémorragie grave.

Devant un doigt coincé ou un pied écrasé, on libère le membre seulement si c'est sans danger, on immobilise dans la position trouvée, on applique du froid sec par-dessus un linge et on ne fait pas marcher la personne. On ne tente jamais de replacer un doigt déformé — voir doigt coincé ou pied écrasé au travail. Et une règle absolue : si un véhicule a basculé sur quelqu'un, on ne le tire pas de sous la charge. On appelle le 911 et on attend l'équipement des secours.

Brûlures : trois sources, un même réflexe

Un atelier chauffe. Trois sources dominent :

  • Le système d'échappement et le moteur chaud — brûlure de contact, souvent à l'avant-bras.
  • Le liquide de refroidissement sous pression — un bouchon de radiateur ouvert trop tôt projette un liquide à bien au-delà de 100 degrés.
  • L'acide de batterie — l'acide sulfurique détruit les vêtements et brûle la peau et les yeux, rappelle le Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail (CCHST).

Pour une brûlure thermique : eau fraîche courante 15 à 20 minutes, on retire bagues et montre avant que ça enfle, on couvre d'un pansement non adhérent. Jamais de glace, jamais d'onguent maison. Pour une brûlure chimique, le rinçage est bien plus long : le CCHST recommande au moins 30 minutes d'eau tiède en continu pour l'acide de batterie, en retirant les vêtements contaminés pendant le rinçage, et le secouriste porte des gants pour ne pas se contaminer. Protocole complet dans notre article sur la brûlure chimique.

Projection dans l'œil : 15 minutes, chronomètre en main

Meulage, soufflette, éclaboussure d'acide ou de liquide de frein : l'œil est une cible constante dans un atelier. La règle est simple et presque toujours sous-appliquée : on rince au moins 15 minutes, de l'intérieur de l'œil vers l'extérieur, paupière ouverte. La douleur diminue avant que l'œil soit propre, ce qui pousse à arrêter trop tôt — partez un chronomètre.

On ne retire jamais un corps étranger enfoncé dans l'œil, et on couvre les deux yeux pour limiter les mouvements. Voyez premiers soins pour les yeux. Une station de rinçage accessible depuis le plancher d'atelier est ce qui rend ce 15 minutes réaliste.

Véhicules électriques et hybrides : la règle d'or avant de toucher

Le parc automobile québécois s'électrifie et l'atelier hérite d'un risque nouveau : la batterie de traction travaille à plusieurs centaines de volts en courant continu, un niveau qui peut tuer, contrairement au 12 volts auquel l'industrie est habituée.

  • Si une personne est en contact avec un circuit haute tension, on ne la touche pas. On coupe l'alimentation selon la procédure du constructeur ou on fait couper le courant, puis on intervient. Le réflexe vaut pour tout l'atelier : voyez choc électrique : quoi faire et ne pas faire.
  • Après un choc électrique, on appelle le 911 même si la personne semble bien. Le rythme cardiaque peut se dérégler à retardement. Si elle est inconsciente et ne respire pas normalement, on commence la RCR et on utilise le défibrillateur.
  • Batterie endommagée ou qui chauffe : le CCHST signale qu'une batterie au lithium en emballement thermique est difficile à éteindre et peut se rallumer longtemps après. On évacue et on appelle les pompiers. En cas de contact avec l'électrolyte, on rince longuement comme pour une brûlure chimique ; si des vapeurs ont été inhalées, on sort la personne à l'air libre.

Ce que la CNESST attend de votre atelier

Un garage avec des travailleurs est un établissement au sens de la loi. L'employeur doit assurer en tout temps durant les heures de travail la présence du nombre de secouristes prescrit, afficher leur nom dans un endroit visible, et reconnaître qu'un secouriste est considéré comme au travail — donc payé — pendant sa formation et chaque fois qu'il intervient. La formation doit venir d'un organisme reconnu par la CNESST, et le certificat est valide trois ans.

Côté matériel, la trousse doit être conforme à la norme CSA Z1220:24, adaptée au nombre de travailleurs et accessible rapidement depuis le plancher — une trousse barrée dans le bureau du propriétaire ne compte pas. Une trousse fixe près du plancher et une trousse mobile pour les interventions routières couvrent les deux réalités du garage. Nos trousses conformes CSA pour entreprises sont montées pour ça, et il vaut la peine de vérifier les dates de péremption avant la pointe des pneus plutôt qu'en janvier.

Ce qu'il faut retenir

Les premiers soins au garage tiennent à cinq réflexes : pression directe sans relâcher pour regarder, immobilisation sans remettre en place, eau fraîche 15 à 20 minutes pour une brûlure thermique et 30 minutes pour l'acide, rinçage oculaire chronométré de 15 minutes, et jamais de contact avec une personne encore branchée sur de la haute tension. Avant la pointe des pneus, faites trois choses : vérifiez le contenu et les dates de votre trousse, confirmez qui est secouriste certifié sur chaque quart, affichez son nom. Une formation de secourisme à jour dans l'équipe reste le meilleur investissement de la saison.

Cet article est à titre éducatif seulement. En cas d'urgence, composez le 911.

Sources : CCHST — Mécanicien (réponses SST) · CCHST — Batteries haute tension des véhicules électriques et hybrides · CNESST — Secourisme en milieu de travail

Écrit par : SuperMedic

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