Hémorragie grave : comment arrêter un saignement abondant en attendant les secours

Les 3 minutes qui font la différence

Vous taillez des branches dans votre cour et la scie dérape. Votre enfant chute de son vélo sur l'asphalte. Un collègue sur le chantier reçoit un éclat de métal dans le bras. Dans chacun de ces scénarios, le saignement peut sembler gérable au départ — jusqu'à ce qu'il ne s'arrête plus.

Un saignement grave peut provoquer un état de choc hémorragique en moins de 5 minutes. Avant l'arrivée des secours, ce sont vos gestes qui déterminent l'issue. La bonne nouvelle : ces gestes s'apprennent et ils sont accessibles à tous.

Reconnaitre un saignement grave

Certains signes doivent déclencher une réaction immédiate :

  • Le sang gicle en jets rythmés ou coule de façon continue sans ralentir
  • La quantité de sang perdue est importante et ne coagule pas malgré la pression
  • La plaie est profonde, large ou contient un corps étranger visible
  • Signes de choc : pâleur soudaine, sueurs froides, confusion, pouls rapide et faible

Si vous observez l'un de ces signes, appelez le 911 immédiatement ou demandez à quelqu'un de le faire pendant que vous intervenez.

Geste 1 — La compression directe (et pourquoi la plupart la font mal)

La compression directe contrôle la grande majorité des hémorragies externes — à condition de la faire correctement. La plupart des gens n'appuient pas assez fort et relâchent trop tôt.

  1. Placez un linge propre ou une compresse directement sur la plaie.
  2. Appuyez FERMEMENT avec la paume — beaucoup plus fort que ce que votre instinct vous dicte.
  3. Maintenez sans relâcher pendant AU MOINS 10 minutes. Ne soulevez pas le linge pour vérifier : chaque interruption détruit le caillot en formation.
  4. Demandez à la victime de comprimer elle-même si possible — cela réduit votre contact avec le sang et libère vos mains.
  5. Portez des gants si disponibles. À défaut, utilisez un sac de plastique ou plusieurs épaisseurs de tissu.

=> Voir nos compresses et bandages compressifs

Geste 2 — Le pansement compressif improvisé

Quand vous ne pouvez pas maintenir la compression manuelle — plusieurs victimes, besoin d'appeler le 911, membre à immobiliser — le pansement compressif prend le relais.

  • Couvrez la compresse avec un bandage serré ou un tissu attaché autour du membre pour maintenir la pression.
  • Si le sang traverse, ne retirez pas le pansement. Ajoutez une couche par-dessus.
  • Allongez la victime et surélevez le membre blessé au-dessus du niveau du cœur si possible.

Le CCHST recommande que tout milieu de travail soit équipé de pansements compressifs et de garrots adaptés aux risques présents sur les lieux. Dans un contexte professionnel, le délai avant les secours peut être considérable.

Geste 3 — Le garrot : quand et comment l'utiliser

Le garrot a longtemps été vu comme tabou. Ce temps est révolu. La Croix-Rouge canadienne enseigne le garrot comme geste de premiers soins depuis 2015, et les données cliniques soutiennent clairement son usage pour sauver des vies.

Il s'applique dans un seul cas : une hémorragie d'un membre (bras ou jambe) non contrôlable par la compression directe.

  1. Utilisez un tissu large d'au moins 5 cm — ceinture, foulard plié, bandage triangulaire. Jamais une corde ou un lacet.
  2. Placez le garrot 5 à 10 cm au-dessus de la plaie, jamais sur une articulation.
  3. Serrez jusqu'à l'arrêt complet du saignement.
  4. Notez l'heure précise de pose — sur un papier, sur le bras ou sur le garrot lui-même.
  5. Ne retirez jamais le garrot vous-même. Seul le personnel médical peut l'enlever en milieu contrôlé.

Zones interdites : ne jamais appliquer un garrot sur le cou, la tête, le thorax ou l'abdomen.

=> Découvrez nos trousses de premiers soins avec garrots homologués

Les sites de saignement à risque — règles différentes

Certaines zones imposent une approche spécifique :

  • Cou : jamais de pression circulaire — risque d'étouffement et de compression des artères carotides. Compression latérale uniquement, d'un seul côté de la plaie. Appelez le 911 sans délai.
  • Thorax et abdomen : compression douce uniquement, pas de bandage serré autour du tronc. Couvrez la plaie et attendez les secours en maintenant la victime immobile.

Dans ces deux situations, votre rôle se limite à stabiliser la victime. Ces hémorragies nécessitent toujours une intervention médicale d'urgence.

Plaie avec corps étranger — ne jamais retirer

Couteau, éclat de verre, morceau de métal : si un objet est enfoncé dans une plaie, laissez-le en place. Ce principe est absolu. L'objet agit comme un tampon naturel qui limite le saignement — le retirer peut déclencher une hémorragie massive.

  • Stabilisez l'objet avec du tissu de chaque côté sans le déplacer.
  • Exercez une pression indirecte autour de la plaie, jamais sur l'objet.
  • Appelez le 911 et décrivez la situation précisément.

En attendant les secours — surveiller et rassurer

Une fois le saignement sous contrôle, votre présence reste essentielle :

  • Allongez la victime à plat, jambes légèrement surélevées (sauf blessure à la tête, au cou ou au dos).
  • Couvrez-la d'une couverture — le choc hémorragique s'accompagne souvent d'un choc thermique.
  • Parlez-lui régulièrement et calmement pour maintenir sa vigilance.
  • Surveillez : pâleur croissante, confusion qui s'accentue, perte de conscience.
  • Ne donnez rien à boire ni à manger — une chirurgie est possible à l'arrivée à l'hôpital.
  • Si perte de conscience et arrêt respiratoire : commencez la RCR immédiatement.

Connaître les bons gestes, c'est bien. Avoir le matériel adéquat à portée de main quand ça compte, c'est ce qui permet de les exécuter. Une trousse incomplète peut compromettre une intervention pourtant bien réalisée.

=> Équipez votre domicile ou votre milieu de travail avec nos équipements de sécurité


Avertissement : Cet article est fourni à titre éducatif uniquement. Il présente des techniques générales de premiers soins et ne remplace pas une formation certifiée en secourisme auprès d'un organisme reconnu (Croix-Rouge canadienne, Ambulance Saint-Jean). En cas d'urgence, composez le 911.


Sources

Écrit par : SuperMedic

Laisser un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être publiés.