Premiers soins à la chasse : les gestes et la trousse pour partir en forêt l'esprit tranquille

Temps de lecture : environ 5 minutes

La saison de chasse s'ouvre, et avec elle des milliers de départs vers le bois partout au Québec. Les premiers soins à la chasse ne sont pas un détail d'équipement : en forêt, vous êtes souvent à plus d'une heure des secours, parfois sans réseau cellulaire, souvent seul ou en petit groupe. Une coupure profonde en dépeçant, une chute d'un mirador, une nuit plus froide que prévu — ce sont des situations banales qui deviennent sérieuses quand personne ne sait quoi faire. La bonne nouvelle : les gestes qui sauvent en forêt sont simples, et ils tiennent dans une trousse compacte. Voici ce qu'il faut savoir avant de mettre le dossard orange.

Pourquoi la forêt change complètement la donne

En ville, un appel au 911 amène des secours en quelques minutes. En zone de chasse, le portrait est différent : chemin forestier non identifié, distance à parcourir en VTT, réseau cellulaire absent, noirceur qui tombe tôt en octobre.

Cette réalité impose deux ajustements :

  • Vous êtes le premier secouriste, et vous le resterez peut-être une heure ou deux.
  • Votre trousse doit être autonome, pas seulement décorative. Un simple sachet de diachylons ne suffit pas.

Les trois urgences les plus probables en forêt

Selon la Croix-Rouge canadienne, les problèmes les plus fréquents en milieu sauvage sont les coupures et éraflures, les fractures et l'hypothermie. À la chasse, on peut préciser encore :

  • Le saignement important — couteau de dépeçage, lame de scie, éviscération. C'est l'urgence numéro un.
  • La chute — mirador, échelle, sentier glissant, souche gelée. Fractures, entorses, traumatisme crânien.
  • L'hypothermie — immobilité prolongée à l'affût, vêtements mouillés, vent d'automne. Elle s'installe même à 8 °C.

Contrôler un saignement important : la séquence

Un saignement abondant peut devenir critique en quelques minutes. La séquence est toujours la même :

  • Protégez-vous — mettez des gants s'il y en a dans la trousse.
  • Comprimez fort et directement sur la plaie avec une compresse ou un tissu propre. La pression doit être maintenue, sans relâcher pour « aller voir ».
  • Ajoutez des couches par-dessus si ça traverse — on n'enlève jamais la première compresse.
  • Maintenez la compression avec un bandage compressif, puis gardez le membre au repos.
  • Appelez les secours ou envoyez quelqu'un chercher de l'aide dès que la compression est en place.

Nous avons détaillé cette séquence dans notre article sur l'hémorragie grave. Si le saignement d'un bras ou d'une jambe reste incontrôlable malgré une compression forte, un garrot est indiqué — mais uniquement si vous avez reçu la formation pour le poser correctement. C'est exactement le genre de geste qu'on apprend une fois, calmement, avant d'en avoir besoin.

Reconnaître et freiner l'hypothermie

À l'affût, on ne bouge pas. Le corps refroidit sans qu'on s'en rende compte, surtout si les vêtements sont humides de sueur ou de pluie.

Les signes à surveiller chez votre partenaire de chasse :

  • Frissons incontrôlables, puis arrêt des frissons — un signe d'aggravation, pas d'amélioration.
  • Élocution qui devient pâteuse, gestes maladroits, difficulté à manipuler une fermeture éclair.
  • Confusion, jugement altéré, désir de s'asseoir « juste deux minutes ».

Quoi faire : sortir la personne du vent, retirer les vêtements mouillés, l'isoler du sol, l'envelopper dans une couverture d'urgence, lui donner une boisson chaude et sucrée si elle est parfaitement consciente. Jamais d'alcool. Manipulez-la doucement et appelez les secours si son état de conscience change.

Ce que votre trousse de chasse doit contenir

Une trousse de chasse utile est compacte, étanche et adaptée aux blessures du bois :

  • Compresses de gaze stériles et bandage compressif — pour les saignements.
  • Bandage triangulaire et bandage élastique — écharpe improvisée, immobilisation, maintien.
  • Antiseptique, pansements de plusieurs formats, ruban adhésif médical, pince à écharde.
  • Couverture d'urgence thermique — l'article le plus sous-estimé de toute la trousse.
  • Gants de nitrile, ciseaux, compresse froide instantanée.
  • Une lampe frontale et un sifflet, rangés avec la trousse plutôt que dans un autre sac.

Notre trousse de secours plein air a été montée exactement pour ça : légère, compacte et pensée pour la randonnée, le camping et la forêt. Si vous préférez bâtir la vôtre, le matériel de premiers soins et les bandages et compresses sont vendus à l'unité.

Avant de partir : le plan de match en quatre points

  • Dites où vous allez et à quelle heure vous prévoyez revenir. À une personne précise, pas « à la gang ».
  • Notez les coordonnées GPS de votre site et du point d'accès routier le plus proche. Un ambulancier ne trouvera pas « le chemin après la deuxième courbe ».
  • Vérifiez la trousse avant chaque saison : les compresses stériles ont une date, et une trousse mouillée l'an dernier ne vaut rien cette année.
  • Chargez une batterie externe et gardez le téléphone au chaud contre vous : le froid vide une pile en quelques heures.

Ce qu'il faut retenir

En forêt, l'écart entre un incident et un drame tient à trois choses : savoir comprimer un saignement, savoir reconnaître l'hypothermie et avoir le matériel à portée de main. Aucune de ces trois choses ne s'improvise sur place. Prenez quinze minutes avant votre prochaine sortie pour vérifier votre trousse, et pensez à suivre une formation en secourisme — c'est le meilleur équipement que vous puissiez apporter au bois, parce qu'il ne prend aucune place dans le sac.

Cet article est à titre éducatif seulement. En cas d'urgence, composez le 911.

Sources : Croix-Rouge canadienne — Conseils de secourisme en plein air; Gouvernement du Québec — Chasse sportive.

Écrit par : SuperMedic

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